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Le Collège étudie les problèmes posés par l’enseignement et la recherche en biophysique et en médecine nucléaire et représenter les enseignants de biophysiques et de médecine nucléaire auprès des autorités nationales.

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Chers collègues,

C’est avec beaucoup de tristesse que nous vous faisons part du décès de Michel ROSSI. Ce fut un acteur majeur de notre discipline et un homme d’une exceptionnelle qualité humaine.

Le président du collège : Jacques Darcourt

Le Professeur Michel Rossi est décédé lundi 26 novembre, entouré des siens, des suites d’une maladie qu’il affronta jusqu’au bout avec le courage que ses proches lui connaissaient.

C’est un homme d’exception qui nous quitte.

Ingénieur électronicien, docteur en médecine, spécialiste de médecine nucléaire, il commença sa carrière en radiologie, se spécialisant dans l’étude des cristaux d’hydroxyapatite par diffraction des rayons X. Il en gardera toute sa vie une passion pour la minéralogie une discipline qu’il maîtrisait avec l’aisance du spécialiste et savait partager avec la passion de l’amateur. Ce fut aussi à cette époque qu’il commença sa carrière d’enseignant, avec un enthousiasme communicatif et des innovations pédagogiques à contre-courant de l’enseignement magistral traditionnel en amphithéâtres qui mettront 30 ans à être reconnues comme pertinentes.

Agrégé de biophysique et de médecine nucléaire, il profita d’une coopération au Maroc pour y créer le premier service de médecine nucléaire, à Rabat, et y former toute une génération de praticiens avec lesquels il garda des liens étroits marqués par un respect et une reconnaissance sans borne de ses élèves, pour qui il était et restera, à leurs dires, le «Grand Chef».

De retour à Montpellier, il fut l’artisan de la structuration de la médecine nucléaire en Languedoc Roussillon, créant de toutes pièces les services des hôpitaux Gui de Chauliac et Lapeyronie au CHU de Montpellier qu’il dirigea jusqu’à sa retraite, puis participant très activement à la mise en fonction de ceux du centre anti-cancéreux de Montpellier, des hôpitaux de Nîmes et de Perpignan, y envoyant ses élèves et les aidants à développer ces structures. Le Professeur Rossi fut aussi très actif au sein de la direction du CHU de Montpellier, accompagnant et souvent initiant la modernisation de cet établissement.

Il se consacra ensuite à la Direction du Jardin des plantes de Montpellier, avec toujours la même énergie. Féru de botanique et d’Histoire, il ne ménagea pas ses efforts pour rendre possible de vastes travaux de rénovation (Serres Martins, Orangerie) et rendre au public « cet antique jardin où tous les gens à pensées à soucis et à monologues descendent vers le soir (Paul Valery) ».
Comme « patron » local de la médecine nucléaire, le Professeur Rossi était d’une efficacité remarquable, gérant ses équipes avec une grande élégance et une empathie non feinte. Il savait, a priori et par principe donner toute sa confiance à ses nouveaux collaborateurs, préférant motiver que contraindre, convaincre plutôt qu’imposer. Ce mode de management qu’il maîtrisait à la perfection lui permit de créer des équipes soudées, efficaces, compétentes et responsables. Le Professeur Rossi mettait au-dessus de tout le souhait de voir ses collaborateurs éprouver un plaisir toujours renouvelé à travailler ensemble. Cette culture de service qu’il insuffla tout au long de sa carrière persiste au CHU de Montpellier et perpétue sa mémoire.

Au-delà de ces aspects professionnels, le Professeur Rossi ressemblait à un humaniste de la renaissance. Ses domaines d’intérêts étaient d’une variété inouïe et toujours abordés avec une pensée libre et originale, et une culture profonde. Leur évocation ressemble à un inventaire à la Prévert : Le Maroc bien sûr, dans l’histoire de ses peuples et sa géographie, la minéralogie et la botanique, nous l’avons évoqué, l’entomologie, mais aussi l’histoire mondiale et plus particulièrement celle de la méditerranée antique et la période hellénistique, la biologie et la physique, le cinéma, et tout particulièrement le montage, qu’il pratiquait avec son ami d’enfance Claude Maurin et dont les productions furent plusieurs fois primées...

Le Professeur Rossi nous laisse quelques nouvelles éditées sur la toile, un beau livre consacré au Jardin des plantes de Montpellier, et surtout, pour ceux qui l’ont connu, une manière d’être au monde et aux autres dont il donna l’exemple toute sa vie. C’est un héritage riche et exigeant qu’il importe à ses proches de préserver de leur mieux, en sa mémoire.

Ses obsèques se tiendront samedi 1° décembre, au complexe funéraire de Gramont, à Montpellier.

Denis Mariano-Goulart